Cultiver ses repas sur le toit de la cantine
Des élèves qui font pousser eux-même les légumes pour la cantine sur les toits de l’école ? Ça existe ! Et pas à New York… à New Dehli ! Retour cette semaine en Inde sur une initiative de Clean India qui a débouché sur des résultats… au delà de toute espérance !
Tout a commencé avec une classe, une trentaine d’élèves. Chacun a récupéré un vieux sac de ciment, et y a fait pousser un légume. Chaque élève était responsable de sa plante … un sac, une plante par personne, ce n’est pas si difficile à gérer ! Le projet semble inspirant… surtout que 2 ans plus tard, TOUS les élèves de l’école ont leur plante à entretenir… 2000 sacs, 2000 plantes. Et ils en sont fiers ! Il y a de quoi, car ils fournissent suffisamment de légumes pour alimenter la cantine… et en vendre aux professeurs pour leur consommation familiale !
Il y a 2 aspects qui nous semblaient intéressants dans cette entrevue (et dont on n’avait pas parlé la dernière fois !).
Le premier est l’importance des jeunes (enfants, écoliers, adolescents) pour faire passer des messages, environnementaux en particulier. Comme Usha Srinivasan le souligne, l’enthousiasme, l’absence de cynisme et la souplesse d’esprit sont des qualités que l’on a peut être tendance à perdre avec l’âge. Avez-vous déjà entendu un enfant vous dire : « ça ne marchera jamais cette idée, c’est pas réaliste, les gens n’embarqueront jamais »…?! Ils sont en outre d’excellents prescripteurs : quiconque a déjà fait ses courses avec un enfant en est bien conscient.
J’ajouterai également la capacité à penser en dehors du cadre (« divergent thinking») : moins « formatés » par la société, les enfants font preuve d’une capacité assez impressionnante à trouver des solutions originales à un problème.
De là à engager des écoliers au MIT…
L’autre point important est la place de l’agriculture dans nos villes.
Plus de la moitié de la population humaine (7 milliards aujourd’hui) vit en ville… et nous sommes plus proches des 80% dans nos sociétés occidentales. En apprenant aux écoliers à faire pousser des légumes, des fruits, le programme de Clean India atteint 2 objectifs : celui de reconnecter les jeunes urbains avec notre environnement ; et aussi celui de développer un sentiment d’accomplissement (garder la plante en santé, contribuer à nourrir le reste de l’école, etc. – voir aussi la Green School).
Si le concept d’agriculture urbaine n’est pas nouveau (l’ONU et la FAO l’encourage même pour faire face aux besoins de sécurité alimentaire), on commence à voir dans plusieurs grandes villes du monde des citoyens reconquérir les espaces bétonnés. Terrains vagues changés en jardins communautaires, ruelles et contre-allées végétalisées, serres bâties sur les toits d’usines… sans compter les plantations des particuliers sur leurs toits, balcons, fenêtres… Une manière de produire bio et local en se faisant plaisir, tout en réduisant son impact environnemental (transport, pesticides, etc.).
Ramener l’agriculture en ville n’est pas toujours une sinécure : coût du foncier, résistance sociale, etc. mais des projets inspirants donnent envie, à l’exemple des fermes Lufa, en plein Montréal.
Citons quelques réalisation intéressantes (liste bien entendu non exhaustive !) : Jardins Troy (US), Growing Home (Chicago), les fermes LUFA (Québec), Greenhouse Village (Pays-bas), réseau Terres en Villes (France), etc. Si vous en connaissez d’autres, dites-le nous en commentaire !
Je termine en donnant 2 liens qui nous tiennent à cœur :
La pétition pour l’Agriculture Urbaine à Montréal qui demande simplement à ce que la place de l’agriculture en ville soit plus importante et soutenue : c’est ici que l’on trouve où signer (désolé, Montréalais seulement !)
Le site Organic Vision, de 2 passionnés, sur la permaculture, l’autosuffisance, l’agriculture biologique…









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